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Marchés publics : comment renforcer les liens entre PME et donneurs d’ordres?

Le 24 avril, le Pôle Energie 2020 et la CCI Hauts-de-France organisaient une table ronde sur les moyens de renforcer les liens entre les PME régionales et les donneurs d’ordres privés et publics, avec un focus sur les marchés publics.

Le chantier du terminal méthanier de Dunkerque présente un exemple intéressant : il a nécessité l’emploi de pas moins de 7 000 personnes au total, dont 20 % représentaient une main d’œuvre « très locale » (Dunkerquoise) et 40% provenaient des Hauts-de-France. Par ailleurs, 600 millions d’euros ont également été captés par l’économie locale de manière indirecte (commerçants, hôtellerie, restauration).

 

Tapio Poteau (Responsable études à la CCI Hauts-de-France) concluait l’analyse du retour d’expérience du chantier du terminal méthanier : « Accéder à ces chantiers est tout à fait possible mais il faut savoir s’adapter. On ne répond pas à un grand chantier comme l’on répond à un contrat de maintenance basique auprès d’un prestataire avec lequel on a l’habitude de travailler. Les procédures sont quelques peu différentes. »

 

L’adaptation est le maître-mot prôné également par Maître Arnaud Marchand (avocat, Cabinet Carakters) qui présentait différentes dispositions juridiques  favorisant l’accès des PME aux marchés publics. Ces dispositions font partie de la réforme du droit de la commande publique ; elles consignent notamment l’obligation pour les collectivités d’allotir leur commande, imposant ainsi un découpage en lots, accessibles aux PME. Elles ouvrent encore la possibilité d’imposer aux concessions un minimum de 10% de sous-traitance pour les PME.

 

Bastien Taloc (Directeur de la commande publique, à la Métropole Européenne de Lille) rappelait également l’importance économique de la commande publique : elle représente en France 200 milliards d’euros (5 milliards pour les Hauts-de-France, 450 millions pour la MEL seule, hors concessions). Le contexte politique souligne le rôle de la commande publique dans le développement local et le président du Conseil Régional, Xavier Bertrand s’inscrit tout à fait dans cette démarche (voir l’article – « Xavier Bertrand «  veut faire de l’achat public un élément de la stratégie de l’emploi et de la politique économique de la Région  »). Pour Bastien Taloc : «Il y a de bonnes pratiques à développer de la part des acheteurs publics  auprès des entreprises du territoire : c’est par exemple la nécessité d’une transparence accrue, notamment en communiquant la planification de nos prochains marchés pour donner plus de visibilité aux entreprises, en termes de carnet de commandes. » Le sourcing est également un élément-clé : par une analyse sectorielle fine, il est possible de mieux comprendre la structuration d’une branche d’activité. Face à l’obligation de mutualiser les achats, cette compréhension aide à mieux prendre en compte les PME et évite une massification des achats qui les excluerait.

 

Jean-Albert Sorriaux (Directeur des achats et directeur adjoint aux opérations chez Dalkia) rappelle la politique d’achat d’un groupe comme Dalkia : les contrats principaux de gros équipements se gèrent au niveau national mais l’échelon local garde son autonomie : près de 300 contrats avec des entreprises locales sont gérés par la direction Nord-Est du groupe. C’est à ce niveau que Dalkia peut prendre en compte les PME à travers notamment une charte de développement durable qui intègre des clauses environnementales, sécurité,… Le prix et le délai restent des éléments prépondérants dans la négociation, mais l’idée à travers cette charte, explique Jean-Albert Sorriaux, est de travailler en « prix global » et non en « prix spot », en écho aux contrats de Dalkia avec ses propres clients qui intègrent une garantie sur la durée en terme de service, rendement et réactivité.

 

Tous ces témoignages montrent une chose : la nécessité de tisser des liens étroits entre PME, maîtres d’œuvres et acheteurs publics. Tous les acteurs montrent une volonté de privilégier, dans le cadre des lois et réglementations existantes, le lien avec le tissu industriel local. Ce lien doit se forger dans le temps car il s’agit d’inculturer des mondes qui ont chacun leurs réalités propres. La création des labels PM3E et Méthania a justement pour but de prendre en compte les besoins des uns pour accepter les niveaux de compétences et les prestations des autres. Ce sont des outils de dialogue et de mise en valeur d’une offre locale compétitive, appelée à croître.

Posté le 11/05/2017
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