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Gazonor : dans les Hauts de France, ça gaze et ça turbine !

Oui, le gaz de mine, le fameux grisou, rime avec transition énergétique : c’est une énergie de récupération, locale, spécifique aux Hauts-de-France permettant la mise en place de circuits courts de valorisation. Le captage du grisou avant son rejet à l’atmosphère est une des principales contributions à la réduction de l’empreinte carbone de la région, économisant plusieurs centaines de milliers de tonnes d’émissions de CO2 par an, tout en augmentant l’indépendance énergétique de la région des Hauts-de-France. En 2016, la Française de l’Energie acquiert Gazonor, le concessionnaire-exploitant du gaz du bassin minier avec un plan ambitieux de développement d’une énergie vertueuse. Démonstration.

 

C’est en 1991 que l’exploitation du gaz de mine a repris dans les mines désaffectées des Charbonnages de France. Le gaz est alors soutiré dans les anciennes mines, filtré, comprimé à 60 bars, odorisé puis injecté dans le réseau de GRTGaz ou vendu directement à des clients industriels privés.

 

Le gaz de mine est bien connu du bassin minier : il fait partie du quotidien de l’exploitation des mines puisqu’il faut en permanence l’extraire pour éviter les redoutés « coups de grisou ». La pression des galeries est inférieure à la pression atmosphérique : l’air rentre et les charbons résorbent : il libère le gaz contenu dans les macropores et micropores du charbon.  En se mélangeant à l’air, il forme ce qu’on appelle le grisou. Le captage de ce gaz par Gazonor sur les puits de décompression ou évents permet de maintenir la pression des galeries sous la pression de désorption et évite ainsi le risque d’explosion et de mouvements de terrain.

 

Plus de 100 évents couvrent aujourd’hui le bassin minier ; ils laissent échapper à l’air libre de manière contrôlée, du méthane, gaz à effet de serre dont le potentiel en termes de réchauffement climatique est de 20 à 100 fois plus important que celui du gaz carbonique.

 

L’arrivée en 2016 de la Française de l’Energie apporte une évolution : concessions prolongées jusqu’en 2042, nouvelle stratégie, nouveaux moyens financiers et surtout volonté de valoriser un capital régional qui contribue à verdir l’énergie consommée dans la région, Son positionnement est au cœur de l’effort de la troisième révolution industrielle puisque Gazonor récupère un gaz qui s’échappe naturellement des 100 000 kms de galeries du bassin minier et le valorise en circuits courts sous forme de gaz, d’électricité et de chaleur.

 

L’Etat a bien compris ce message et accorde en 2016 un label d’énergie verte avec un tarif de rachat d’électricité verte produite à partir du grisou pour une durée de 15 ans : c’est l’élément clé qui permet à la Française de l’Energie de mettre en œuvre un plan d’investissement de 9 millions d’euros sur 4 sites et d’acquérir 6 moteurs Jenbacher (General Electric) capables de produire de l’électricité toute l’année pour l’injecter sur les réseaux électriques de distribution opérés par Enedis. Le distributeur d’électricité apprécie tout particulièrement cette énergie locale, nouvelle, produite sans intermittence, qui contribue à stabiliser les caractéristiques techniques de son réseau.

 

Les tous premiers moteurs de 1,5MW chacun sont arrivés sur les sites d’Avion, Divion et Lourches ; ils ont commencé à produire de l’électricité verte. Les moteurs sont containérisés, insonorisés. Ce sont également des unités entièrement automatisées, offrant une performance environnementale inégalée : moins 40% d’oxydes d’azote (NOx) par rapport aux normes européennes.

 

 

 

 

Selon l’IFPEN, le volume des gaz de charbon des deux bassins miniers français des Hauts de France et du Grand Est, représente 6 années de la consommation française actuelle. L’objectif de la Française de l’Energie est de fournir 5% de la consommation française a horizon 2025, produite localement et valorisée en circuit courts; à titre de comparaison, le biogaz issu de la méthanisation table sur une part de 10% de la consommation française d’ici 2030.

La chaleur issue des moteurs et des échappements (90°C), est un deuxième produit, une énergie fatale, qui sera valorisée pour alimenter des bâtiments par le biais de réseaux de chaleur. La densité des galeries souterraines permet de positionner la récupération et le captage du gaz ainsi que la production d’électricité et chaleur à côté des zones de consommation. C’est donc tout un nouveau circuit court  qui se développe où le gaz produit localement trouve ses utilisateurs dans un périmètre restreint, faisant l’économie des coûts et pertes liés au transport et réduisant fortement l’empreinte carbone de la molécule de gaz utilisée.

 

Plus de 37 millions d’euros ont été levés en 2016 lors de l’introduction en bourse de la Française de l’Energie pour à la fois moderniser l’installation principale d’injection dans le réseau GRTGaz, située à Avion, équiper différents puits existants avec des unités de cogénération (électricité et chaleur), et plus globalement valoriser la ressource « gaz de charbon » avec des circuits courts pour offrir au consommateur une énergie écologiquement et économiquement compétitive.

 

Terminologie :

 

Gaz de charbon: il est consubstantiel à la formation du charbon

Gaz de couche : (coal bed methane) : gaz de charbon pur et contenu dans les couches de charbon non exploitées. Il est récupéré par pompage dans le charbon et ne nécessite aucune injection de produit additionnel dans le sous-sol.

Gaz de mine : (coal mine methane) gaz de charbon qui s’est mélangé avec de l’air dans les anciennes galeries des mines et qui est capté avant son rejet à l’atmosphère.

Gaz de schiste : (shale gas) : gaz piégés dans les couches sédimentaires à grande profondeur ; nécessitant la fracturation hydraulique. Il est interdit d’exploration et d’exploitation en France !

Posté le 07/08/2017
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