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Efficacité énergétique industrielle : le bon mix entre aides, networks et mesures incitatives

L’efficacité énergétique est, selon Jeremy Rifkin, un préalable à la Troisième Révolution Industrielle. Le pôle Energie 2020 concentre son action sur l’efficacité énergétique industrielle : Club des énergivores, label PM3E, promotion de la valorisation de la chaleur fatale, soutien à des ruptures technologiques comme celle apportée par Terraotherm… L’industrie est en effet le 4ème consommateur de l’énergie produite en France et 35% de l’énergie consommée par l’industrie a une origine électrique ; le gisement potentiel en terme d’économies d’énergie est estimée à 25%, dont la moitié proviendrait de nouvelles technologies et la moitié de nos comportements.

Les 25, 26 et 27 septembre derniers, l’ADEME conduisait son deuxième colloque sur la performance énergétique dans l’industrie. Ce rendez-vous témoigne de l’attention persistante que porte l’ADEME à cette question. La difficulté est bien de maintenir l’effort dans un domaine où face à une énergie peu chère (67 euros/MWh contre 89 euros en moyenne dans l’UE, même si de fortes disparités sont constatées au cas par cas entre les pays), un relâchement peut vite obérer les performances. Parmi les obstacles à l’amélioration de la performance énergétique de l’industrie on constate que :

–   les compétences en interne, présentes dans les grands groupes ou chez les électro-intensifs, ne sont pas toujours au rendez-vous dès que l’on s’adresse à des ETI ou PME

–   le retour sur investissements dans l’efficacité énergétique n’atteint pas toujours le seuil décisif d’1,5 an réclamé par les actionnaires,

–   enfin, au sein d’une même branche industrielle, les partages d’expérience ne sont que trop rares entre les plus gros et les plus petits acteurs.

 

Les leviers financiers dont dispose l’ADEME sont nombreux ; le pôle Energie 2020 vous accompagne dans la démarche de recherche de financements : de l’identification du bon dispositif à la remise du dossier. Rappelons que l’ADEME intervient au niveau des études et des investissements par le biais des CEE et du fonds chaleur (récupération de chaleur, réseau de chaleur et ENR).

 

A cela, s’ajoutent des dispositifs récemment mis en place par l’Etat comme l’exonération partielle du TURPE pour des industriels électro-intensifs qui s’engagent dans l’efficacité énergétique (obtention de la certification ISO 50001 avec plan de réduction des consommations) : ils sont aujourd’hui 150 à bénéficier d’une économie de 40% de la facture électrique. De même, la TICFE peut être réduite si son coût représente pour l’entreprise plus de 0,5% de sa valeur ajoutée. Il est à noter que pour cette dernière mesure, un effet rétroactif a été mis en place avec comme référence le 1er janvier 2016.

 

L’effacement est également un mécanisme permettant de réduire la facture énergétique. Il s’agit de moduler son appel de puissance au réseau électrique en réduisant partiellement sa propre production ou en substituant une production d’énergie sur une période donnée. Trois niveaux d’effacement existent : effacement classique, réserve rapide, réserve primaire avec des impacts environnementaux divers en fonction des énergies de substitution que les industriels utilisent.

 

Toujours dans le domaine de l’appui financier, mentionnons les appels d’offre de la CRE visant à apporter un complément de rémunération à la production d’énergie renouvelable autoconsommée : 30000 installations en autoconsommation sont en fonctionnement en 2017.

 

Il y a donc des mesures qui contribuent à améliorer l’efficacité énergétique industrielle ; d’autres qui agissent surtout sur la diminution de la facture énergétique de l’industriel.

 

Un dispositif alliant networks d’industriels engagés dans l’efficacité énergétique, démarche volontaire et incitatif pour ces industriels apporterait certainement un élan supplémentaire à toutes ces mesures, notamment pour les PME et les ETI. Les réductions du TURPE pour les énergivores engagés vont dans ce sens mais ni l’ADEME, ni RTE ne prévoient d’élargir ce dispositif à l’ensemble de l’industrie. En avant-première du colloque de l’ADEME dont nous parlions, la DNA (agence allemande de l’efficacité énergétique) et l’ADEME proposaient une réflexion sur les réseaux d’efficacité énergétique en Allemagne et en France : réseaux constitués sur une base volontaire, avec un objectif fixé commun. Le Pôle partage cette démarche et a récemment proposé au conseil régional des Hauts-de-France et à l’ADEME d’étudier un système, les accords de branche, déjà présent dans de nombreux pays, basé justement sur cette combinaison entre réseau, démarche volontaire et incitatif.

 

Demander à une branche industrielle de s’engager annuellement sur un niveau d’amélioration de son efficacité énergétique et la récompenser par des primes pouvant financer des projets à temps de retour plus longs pourrait être une formule vertueuse à effet démultiplicateur. Le droit à l’expérimentation des collectivités locales pourrait être le cadre juridique adapté pour réfléchir à une telle démarche, porteuse de gain de compétitivité pour les industriels et d’emplois locaux pour les sous-traitants spécialisés dans l’efficacité énergétique de notre région.

Posté le 02/11/2017
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