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Daudruy – Dunkerque : 3 gagnants pour une solution plus verte

Daudruy Van Cauwenberghe fabrique et commercialise des huiles et graisses à brûler, des huiles marines et des corps gras animaux. Sa filiale Nord Ester produit du biodiesel à base d’huiles et graisses raffinées par sa maison mère et principalement à partir d’huiles alimentaires usagées.

Dans l’objet qui nous occupe, Daudruy a réussi le pari d’une alliance entre une tradition entrepreneuriale qui remonte à 5 générations et l’audace d’une approche innovante, gage de pérennité pour son avenir.

 

 

Qu’il s’agisse de raffinage ou de production de biodiesel, l’activité du groupe est énergivore : 5 chaudières assurent la production de vapeur à 12 bars à raison de 11 tonnes/heure pour le raffinage et 7,5 tonnes/h pour la production du biodiesel, soit un équivalent d’une puissance de 13-14 MW grâce à la combustion de 80 GWh de gaz naturel et de 3500 tonnes de graisses à brûler déclassées de ses process. L’enjeu pour Daudruy est de verdir sa consommation d’énergie sans perdre la maîtrise de son process.

 

L’idée d’une connexion au CVE de Dunkerque n’est pas nouvelle. Dans les années 80, Charles Daudruy, le père de Dominique, l’actuel dirigeant, pensait déjà à relier l’incinérateur de l’époque. L’idée est revenue sur le tapis à la faveur du projet d’extension du réseau de chaleur de la CUD vers la nouvelle piscine de Saint-Pol-sur-Mer. Dès lors, les cartes étaient en place pour un savant dosage d’économie circulaire où chaque partie allait pouvoir tirer un avantage :

 

  • Le CVE tout d’abord qui valorise ses déchets sous forme de vapeur transformée en électricité par turbinage : en 2023, le CVE perdra son obligation de production et se trouvera exposé à une chute du tarif de rachat de l’électricité et donc à une baisse de rentabilité. Pour remplacer cette valorisation de la vapeur produite, il faut trouver un débouché régulier, été comme hiver.

 

  • Le réseau de chaleur de la CUD est exploité par la société EGL ; en hiver , l’appoint en production se fait via la mise en marche d’une chaudière fuel lourd peu écologique. Pour éviter cette sollicitation, EGL souhaite bénéficier de la vapeur du CVE ; seule contrainte : les besoins en chaleur d’EGL sont essentiellement en hiver.

 

  • Le groupe Daudruy, enfin, qui dispose à la fois d’une surcapacité en production de vapeur, d’un besoin de chaleur constant toute l’année et qui est intéressé pour verdir son mix énergétique, soit à travers la chaleur fatale récupérée du CVE, soit par la combustion de ses graisses.

 

Le Groupe Daudruy devient alors le maillon qui permet au CVE de boucler la boucle avec le réseau de chaleur de la ville en absorbant une partie de sa chaleur en été et en étant fournisseur et consommateur de chaleur en hiver. Voici comment :

 

En hiver, le CVE alimentera massivement le réseau de chaleur avec une vapeur à 40 bars et complètera les besoins de Daudruy pour à peu près une puissance de 8 MW. Les socités Daudruy et Nord Ester Daudruy alimenteront de leur côté le réseau de chaleur à partir de leur surcapacité avec un maximum de 20 MW. En été, le système bascule en sens inverse : Le groupe Daudruy arrête une partie de ses chaudières et reçoit un complément de vapeur du CVE jusqu’à un maximum de 14,5 MW. Le CVE, lui, continue d’alimenter le réseau de chaleur pour les besoins de la piscine et de l’eau chaude sanitaire de ses usagers connectés.

 

La connexion des 3 entités se fait au sein d’un nœud de chaleur installé par la société Daudruy en limite de propriété. Il se compose d’un échangeur/vaporiseur capable de transformer la vapeur 40 bars en vapeur 12 bars utilisé essentiellement l’hiver et d’un système de pompes et échangeurs pour l’été pour assurer la conversion de la vapeur 12 bars en 40 bars avec un minimum de pertes.

 

Le Groupe Daudruy a choisi de ne pas dépendre à 100% du CVE afin de protéger son process de production qui inclue une production de vide dont la rupture présenterait des risques importants. Un talon de production de vapeur par le gaz est donc conservé.

 

Les investissements sont répartis entre EGL pour l’extension du réseau de chaleur et l’échangeur vapeur investi par le Groupe Daudruy. EGL (groupe Dalkia) remet en jeu le renouvellement de sa concession début 2023. Les travaux commenceront à l’automne 2018.

 

Le prix facturé de la vapeur en provenance du CVE est inférieur au prix du gaz. Le prix de la vapeur en provenance des sociétés Daudruy et Nord Ester varie selon la saison été ou hiver. Dans tous les cas, une formule d’indexation donne la visibilité nécessaire à l’ensemble des parties prenantes.

 

In fine, le réseau de chaleur assure grâce à cette connexion une chaleur à 70% d’origine renouvelable, condition nécessaire pour bénéficier des subventions de l’ADEME.

 

Résumé en chiffres

 

Posté le 06/09/2018
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